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SIX EQUIPES, TROIS JOURS, UN QUARTIER

Six équipes composées d’étudiants et de jeunes professionnels du milieu du design, dont trois équipes franciliennes (ENSCI, Strate Collège, Les Gobelins) et trois hollandaises, ont relevé le défi ardu de concevoir, en seulement trois jours, un prototype de solution pour la « rue du futur » (par exemple, du mobilier de rue interactif, des dispositifs intelligents de communication, de divertissement, des surfaces), appliqué au fameux Red Light District, un quartier à l’identité et à l’héritage culturel affirmés, mais qui renferme aussi beaucoup de tensions urbaines.

Le challenge s’est voulu festif, bien que l’immense talent et l’acharnement des équipes l’aient aussi rendu intense. L’enjeu était de taille, l’équipe gagnante recevant le tout premier European Street Design Award et l’opportunité d’exposer au Lieu du Design à Paris.

Avant que les équipes n’ouvrent leurs boites à outils, le European Street Design a été inauguré par une série d’interventions rappelant ses valeurs fondamentales et donnant de précieux conseils.

Andrew Bullen, vice président international de Futur en Seine, a d’abord parlé des défis relatifs aux industries culturelles et créatives en Europe, suivi par Geleyn Meijer, directeur d’IIP/Create, qui a traité des différences entre « design thinking » et « system thinking ». Jean-Baptiste Soufron, de chez Cap Digital, à rappelé l’importance des lieux de création partagés, tandis que Stéphane Distinguin, président de Futur en Seine, a enchainé avec la notion d’échelle dans l’innovation. Marleen Stikker, co-fondatrice de PICNIC, a expliqué comment les interventions collaboratives, à l’image du challenge, sont un vecteur d’innovation sociale, et pour finir, Janine Huizenga, co-fondatrice de Creative Cooperative, a traité des concepts clés des workshops avant de présenter les équipes.


Geleyn Meijer, Jean-Baptiste Soufron, Stéphane Distinguin et Marleen Stikker.

Pendant l’après-midi ainsi que la deuxième journée, les équipes ont pu découvrir le Red Light District et entamer des réflexions sur le quartier, ses habitants et ses enjeux. Birgit Büchner, du Ons Lieve Heer op Solder Museum, a donné un aperçu historique haut en couleurs, suivie par Henny Tinga, de l’Armée du Salut. Le récit de ses quarante années passées dans le quartier en tant qu’habitante et travailleur social a laissé l’auditoire bouche bée.


Birgit Büchner et Henny Tinga.

Fortes de nombreuses informations, les équipes on d’abord réalisé leurs propres cartographies culturelles et émotionnelles des deux rues principales du Red Light District, à savoir Oudezijds Voorburgwal et Ouderzijds Achterburgwal, afin de définir les valeurs fondamentales de leurs projets. Dans un deuxième temps, il s’est agi de penser à l’expérience de régénération urbaine la plus positive qui ait eu lieu, afin d’identifier différents éléments pouvant servir à l’amélioration du Red Light District, tels que le tourisme éthique, une réorganisation des transports publics ou encore des interventions publiques à petite échelle.

Pendant cette course contre la montre de trois jours, quand les équipes n’étaient pas en train de battre les pavés ou de s’imprégner informations, nos jeunes designers ont mis toutes leurs forces dans la conception et la construction de prototypes, travaillant de jour comme de nuit, exploitant au maximum les formidables possibilités offertes par le Fablab de la Waag Society.

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